Marie - Madeleine FOURCADE
Lycée Général et Technologique
Gardanne
 

Conférence autour des sciences du langage

vendredi 17 octobre 2014, par Mme Blanc, professeur d’histoire géographie EMC

Christel Portes, linguiste à l’université d’Aix-Marseille, est intervenue, mardi 14 octobre 2014, auprès de la classe de 1e L du lycée Marie Madeleine Fourcade pour initier les élèves aux sciences du langage.

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La linguistique est un terme apparu à la fin du 19ème siècle, à une période où on met en place la discipline des sciences humaines : les sciences qui s’intéressent à l’homme. Elle a pour objectif de faire des recherches au niveau du langage, c’est-à-dire la faculté humaine de parler, et des langues naturelles. Nous aurons l’occasion de détailler ces deux notions au cours de notre développement.


L’intervenante commence sa conférence avec la question suivante :

- Qu’étudie-t-on en langage et langues naturelles ?

Plusieurs réponses ont été formulées par les élèves : « la prononciation, l’histoire des langues, le fonctionnement de l’apprentissage des langues ». A partir de ces réponses, l’intervenante pose le problème du langage qui fait débat de nos jours : « La nature du langage est-il un instinct ou une institution ? ». Elle explique que l’instinct est une faculté alors que l’institution est de l’ordre de l’invention.


- Quelle est l’origine du langage ?

Il n’y a aucune information archéologique mais seulement des hypothèses établies à partir du mouvement des populations. Pendant la première moitié du 20ème siècle, on n’avait pas le droit de traiter ce sujet, alors qu’aujourd’hui, on formule des hypothèses notamment grâce au développement de la science et des techniques.

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- La description des langues

Dans le monde, les linguistes ont recensé six mille langues, dont deux cents possèdent un système d’écriture. On peut donc en conclure l’importance de l’oralité : en effet, les langues orales sont apparues cent mille ans avant Jésus Christ, alors que l’écriture est née seulement cinq mille ans avant Jésus Christ. Lors de la conférence, Christel Portes met donc en évidence l’absence de système d’écriture dans la plupart des langues. Cette remarque suscite l’intérêt d’une élève qui ne comprend pas comment est-ce possible de parler sans écrire. L’intervenante lui explique alors que notre société est basée sur l’écriture, c’est pour cette raison que nous avons des difficultés à comprendre ce système si différent du nôtre. Christel Portes prend l’exemple de la littérature orale, qui développe des formes de récits destinés à favoriser la mémorisation. De plus, l’essor de ce système d’oralité est favorisé par les populations qui sont moins nombreuses.


- La structure du langage

Le langage se définit par tout ce qui nous permet d’apprendre des langues et de nous en servir. Sa structure est basée sur trois critères : les sons, la grammaire et le sens.

Les sons se caractérisent par la phonétique et la phonologie. Leur système phonologique est activé pendant l’enfance, et même avant, lors de la gestation : en effet, on est exposé à la langue de la mère (d’où l’expression langue maternelle). Il s’agit de phonèmes qui nous permettent d’accéder à la signification des mots que nous employons. Tous les sons produits concrètement ne sont jamais identiques car ils correspondent à notre manière de nous exprimer. Grâce à ces variations, on apprend différentes catégories de sons, d’où l’utilité d’un alphabet linguistique international. En effet, ces formes sonores changent d’une langue à une autre. Il s’agit donc d’une signification arbitraire car il n’y a aucune raison particulière d’associer les formes avec le sens.

Le deuxième critère de la structure du langage est la grammaire, caractérisée par la morphologie et la syntaxe. La langue française se définie par une combinaison de mots, dont l’ordre est crucial pour la compréhension du discours. Christel Portes donne l’exemple suivant : « Le chat noir boit du lait blanc ». La place des adjectifs « noir » et « blanc » dans la phrase est importante car ces adjectifs qualifient le nom auquel ils se rapportent et donc déterminent le sens des syntagmes nominaux (« le chat noir » et « du lait blanc »). Elle explique aux élèves que la syntaxe est beaucoup plus développée en linguistique que dans les cours de grammaire enseignés dans le secondaire.

Enfin, le troisième critère à prendre en compte est le sens. On peut le qualifier de deux manières : il peut être soit littéral, on parlera donc de sémantique ; soit d’usage, il sera donc pragmatique.

En conclusion, cette première approche a permis aux élèves de 1ère L de découvrir ces notions de base en linguistique de manière simple et accessible à tous. Espérons que cette initiation incite ces élèves à élargir leur culture littéraire en vue du baccalauréat.

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Propos recueillis par Emilie MARDIROSSIAN et Elodie HESPEL, étudiantes en M1 CAPES de Documentation


Vous pouvez approfondir le sujet en consultant au CDI :
Le langage : Nature, histoire et usage / Jean-François Dortier - Editions Sciences Humaines, 2001

 
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