Marie - Madeleine FOURCADE
Lycée Général et Technologique
Gardanne
 

La Polyphonie en Cultur’L

samedi 1er novembre 2014, par Mme Blanc, professeur d’histoire géographie EMC

Le récit de cette séance de Culture’L est proposé par des élèves de Terminale L.

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Ce lundi 29 septembre, le premier Cultur’L à débuté en mélodie. Le cours Cultur’l n’en est pas vraiment un, c’est plutôt en moment de partage et d’échange avec les personne qui y participent et qui l’animent.

Le sujet était la polyphonie.

Lors de cette séance animée par Mr Nouvel, nous avons pu nous laisser transporter par
- les polyphonies grégoriennes italiennes (14ème siècle)

- un madrigal du 16ème siècle

- un extrait de Monteverdi (17ème siècle).

Il faut savoir que la polyphonie est à la fois une technique musicale, une théologie et une pensée politique.

Elle vient d’Occident et s’est surtout développé entre le 9ème et le 18ème siècle.

De nos jours elle est beaucoup moins représentée mais existe toujours (polyphonie corse).

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La polyphonie, de son étymologie : plusieurs voix, n’a pas un nombre défini de voix. Par exemple, les extraits que nous avons écoutés, allaient d’une à quatre voix. La caisse de résonance, par la superposition de voix ou le choix d’un lieu précis (voûte) est très utilisée.

Pour conclure cette heure de Cultur’L, Mr Nouvel nous a joué un morceau de Bach au piano.

Malgré le changement de style musicaux à travetrs le temps, nous restons sensibles à la musique passée.

Marion Antonetti et Anaïs Gouzouguen
Terminale L


Quelques précisions apportées par M. Nouvel :

"Tout d’abord, Je précise qu’il ne s’agit pas de « polyphonies grégoriennes », mais de la monodie. Le chant grégorien est « monodique » justement, j’ai commencé par là parce que la polyphonie s’est construite sur cette voix unique des moines, qui chantaient à l’unisson, mais sous des voûtes qui résonnaient et prolongeaient les vibrations de leurs voix grâce aux réverbérations de la pierre. La polyphonie est née de là, de ces réverbérations que certains moines -des fortes têtes- ont continuées, ont accentuées, prolongées avec leurs voix. Les chants grégoriens de la fin du XIIème siècle ont donc commencé à être polyphoniques, certains moines chantant à la quinte, d’autres à la quarte (la tierce, à l’époque, est encore perçue comme une dissonance).

Pour ce qui est de la polyphonie comme pensée politique, c’est une thèse que j’avance, mais avec prudence, et pour en comprendre la logique, il faut y aller prudemment. Je constate que dès le Moyen Age, chaque moine doit chanter « avec les autres », à l’unisson, chose que je n’ai pas trouvé en Chine, par exemple, où les moines bouddhistes chantent de façon séparée, cela produisant une « hétérophonie », que l’on retrouve aussi, par exemple dans les chants africains. Il me semblait donc que la polyphonie était une aventure proprement occidentale, liée à une certaine idée de Dieu, produit d’une certaine théologie et produisant un certain rapport aux autres et au monde. Les voûtes sous lesquelles les chants d’abord monodiques puis polyphoniques se déploient représentant au Moyen Age la voûte céleste, donc l’univers tel qu’il était imaginé par les Européens de l’époque, les moines qui chantent Dieu, et que Dieu entend, par-delà la « voûte céleste », doivent le faire en obéissant aux règles de l’harmonie, règles définies par Pythagore, et chacun peut chanter SA voix, à condition qu’elle se fonde avec celles des autres. Il y a donc à la fois, recherche de singularité, mais en accord avec l’ensemble, et il me semblait que cette façon de chanter impliquait, au sens large une certaine idée de la politique... Mais l’heure fut trop courte pour que je puisse développer et justifier cette thèse.

Enfin, quelques précisions sur les morceaux retenus :

- D’abord un madrigal français du XVIème siècle, d’un certain Passerau : « Il est bel et bon » (1540) : ce texte très drôle, fait parler deux « commères » sur leurs maris respectifs et se termine par l’évocation du caquètement des poules. Il peut être lu à plusieurs niveaux.

- Puis LE tube de Monteverdi : « Lasciatemi morire », le fameux « Lamento d’Ariana » (XVIIème siècle)

- Et enfin, le chœur initial de la cantate BWV 4 que J.S. Bach écrivit au début du XVIIIème siècle (1707) pour la fête de Pâques, l’un des chef-d’oeuvre de la polyphonie baroque. Il voulait être admis comme maître de chapelle et organiste à Mülhausen (cf lien) Christ lag in Todesbanden (Bach) — Wikipédia. La science de l’harmonie et du contrepoint dans ce morceau sont tout à fait stupéfiantes et le lycée en possède une version remarquable (présent au CDI), par le « Kholn concert ». Le morceau que j’ai joué est le choral luthérien, harmonisé par Bach, qui sert de thème à toute la cantate, et je l’ai joué pour qu’on puisse reconnaître ce thème et toutes les variations qu’il subit au cours du morceau, jusqu’au « Alla breve » final. Un pur joyau de l’art universel, selon moi...."

 
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